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Licenciement pour faute lourde : panorama des motifs

Temps de lecture : 3 minutes

Nous rappelons qu’en droit du travail, il existe 4 catégories de faute :

  • faute légère
  • faute simple
  • faute grave
  • faute lourde.

En ce qui concerne le licenciement pour faute lourde, le code du travail ne définit pas la faute lourde. En cas de conflit, ce sont donc les juges qui apprécient le degré de gravité d’une faute. De manière générale, ils vont se montrer exigeants.

Selon la jurisprudence, la faute lourde est celle d’une particulière gravité. Par ailleurs, la faute lourde est caractérisée par l’intention du salarié de nuire à l’entreprise. Ainsi, la faute lourde est plus grave que la faute grave. 

Comme pour la faute grave, le licenciement pour faute lourde permet de se séparer immédiatement du salarié sans avoir à respecter le préavis de licenciement.

Il n’existe pas de catalogue des fautes lourdes. Ainsi, cet article vous propose un panorama général des motifs qui peuvent entraîner un licenciement pour faute lourde, à travers les affaires déjà jugées par les tribunaux.

Les faits justifiant un licenciement pour faute lourde

Dans son arrêt du 28 mars 2018, la Cour de cassation a retenu la faute lourde d’un salarié. Ce dernier avait, au cours d’un entretien disciplinaire, volontairement et de manière préméditée, agressé le gérant de la société lui occasionnant un traumatisme crânien avec une incapacité totale temporaire de travail de 15 jours.

Dans son arrêt du 14 juin 2005, la Cour de cassation a retenu la faute lourde d’une salariée gréviste. Celle-ci avait interdit l’accès des lieux aux salariés non-grévistes en s’interposant de manière agressive.

Dans son arrêt du 5 avril 2005, la Cour de cassation a retenu la faute lourde d’une salariée, qui exerçait les fonctions de directrice régionale. Celle-ci avait tenu, en présence de candidats au recrutement, des propos dénigrant la société, consistant à soutenir que l’ensemble des visiteurs médicaux n’aspiraient qu’à quitter l’entreprise.

Dans son arrêt du 1er avril 1997, la Cour de cassation a retenu la faute lourde des salariés qui ont séquestré leur directeur commercial dans des locaux administratifs de la société de 10 heures à 20 heures 30. Ces salariés s’étaient physiquement opposés à la sortie du directeur. 

Les faits ne justifiant pas un licenciement pour faute lourde

Dans son arrêt du 22 octobre 2015, la Cour de cassation a rejeté la qualification d’une faute lourde d’un salarié ayant détourné sur son compte personnel une somme de 60 000 euros venant en règlement partiel, par un client, d’une facture correspondant à la livraison d’une commande de vins. Or, la faute lourde est caractérisée par l’intention de nuire à l’employeur, laquelle implique la volonté du salarié de lui porter préjudice dans la commission du fait fautif et ne résulte pas de la seule commission d’un acte préjudiciable à l’entreprise. En l’espèce, l’intention de nuire n’a pas été démontrée. Par conséquent, la faute lourde n’est pas caractérisée.

Dans son arrêt du 9 mai 2012, la Cour de cassation a considéré que le fait pour les salariés gréviste de se placer devant des camions pour interdire le passage et d’ empêcher le directeur du site d’enlever les barricades obstruant le passage des camions ne constitue pas une faute lourde. Car il n’est pas démontré que le blocage d’un camion entravait le travail des salariés ne participant pas au mouvement de grève ou qu’il entraînait une désorganisation de l’entreprise, à défaut d’autre accès aux locaux de l’entreprise. 

Dans son arrêt du 6 juillet 1999, la Cour de cassation n’a pas retenu la faute lourde à l’encontre d’une salarié femme de ménage qui a commis un vol du numéraire. Ce vol a donné lieu à une poursuite pénale. Mais, si le délit de vol comporte un élément intentionnel, celui-ci n’implique pas, par lui-même, l’intention de nuire à l’employeur. Par conséquent, la faute lourde de la salariée n’était pas caractérisée, car l’intention de nuire n’a pas été démontrée par l’employeur.

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code du travail

Références juridiques

Cour de cassation :

  • Arrêt du 28 mars 2018
  • Arrêt du 22 octobre 2015
  • Arrêt du 9 mai 2012
  • Arrêt 14 juin 2005
  • Arrêt du 5 avril 2005
  • Arrêt du 6 juillet 1999
  • Arrêt du 1er avril 1997